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COVID 19 : Migrants et réfugiés en Europe, eux aussi, les grands laissés-pour-compte !

AGISSONS !

Face au développement et au renforcement des politiques de confinement et d’éloignement social qui sont prises partout en Europe, politiques que nous reconnaissons comme incontournables dans un combat collectif contre la propagation du Covid19, nous appelons de toutes nos forces pour que celles-ci se fassent toujours dans le respect des droits humains. Ces politiques doivent s’accompagner de mesures sociales et économiques permettant aux plus fragiles et aux plus démunis, particulièrement les personnes âgées, les couches pauvres de la société, les personnels de santé (et les autres) qui sont en contact avec les malades, et les migrants, de pouvoir la supporter.

Pour les personnes migrantes en position instable, la vie, qui est déjà très difficile en temps normal, devient insupportable dans la conjoncture actuelle. Que ce soit partout en Europe, les camps de séjour ou les camps de rétention bondés présentent un danger pour l’existence des personnes qui s’y trouvent ; ils sont aussi un risque pour l‘ensemble de la population. Le maintien de ces centres va à l’encontre de tout bon sens dans la lutte contre la présente pandémie.

La situation est davantage critique dans certains camps des îles grecques, et, notamment, à Mória, sur Lesbos. Si le corona virus se répandait dans l’ensemble de ces lieux de relégation de réfugiés, ce serait catastrophique, vu leur surpopulation, leur situation sanitaire précaire, et la limitation, en raison du couvre-feu, des contacts avec le personnel de santé. Or, malheureusement, aucune disposition n’est prise aujourd’hui et le pire paraît inévitable.

Nous saluons les différentes initiatives de solidarité qui se mettent en place dans des circonstances fort difficiles, notamment celles des associations de terrain et des quartiers populaires et celles des communes tels que l’appel de la commune de Forest à Bruxelles allant dans le sens d’une régularisation des sans-papiers, le débat sur cette question qui est initié en Espagne et au Portugal, où les étrangers en attente d’autorisation de séjour seront régularisés temporairement.

Dans un contexte dramatique et qui risque d’être incontrôlable si des mesures fortes ne sont adoptées, il est donc impératif de :

  • mettre en pratique les différents mécanismes de protection des personnes en danger prévus dans le cadre du droit international humanitaire,
  • régulariser la situation administrative de l’ensemble des migrants pour qu’ils puissent vivre, obtenir un emploi digne et échapper aux réseaux mafieux ainsi qu’au travail clandestin qui leur est actuellement imposé,
  • veiller particulièrement au sort des mineurs et des femmes migrantes isolées, proies faciles des trafiquants d’êtres humains,
  • instaurer l’égalité d’accès avec les nationaux aux soins de santé et aux différentes dispositions du droit du travail,
  • fermer d’urgence les différents centres de rétention des personnes migrantes sans papiers, au Nord comme au Sud de la Méditerranée.

Nous sommes en guerre sanitaire et il n’est pas admissible d’abandonner des millions de personnes à leurs sorts.

appel rédigé par la Plateforme euro-marocaineco-édité par le Comité pour le respect des libertés et des droits de l’homme en Tunisie (CRLDHT)informations : https://plateforme-euromarocaine.com